On s'est finalement détruit.
Déchiré. Arraché. Décomposé. Brisé. Broyé. Noyé. Ecrasé. Désagrégé. Découpé en morceau. Envolé en fumée. Transformé en miette.
On s'est effacé. Tué.
On n'est plus.
Rien.
Parce que j'ai replongé. Parce qu'on a voulu recommencer, continuer, reconstituer... Brûler avant la fin. C'était un dernier souffle. La dernière bouffée d'air. L'ultime étincelle avant l'irrécupérable. Ce qu'ils appelaient de la folie était pour moi le bout de la route. Le rêve d'une gamine de 15 ans qui devait se réaliser une bonne fois pour toute.
Cela faisait des mois qu'on jouait. Partir. Revenir. Se reprendre. Se lâcher. C'était maintenant tout de suite. Ou rien du tout. L'unique règle était de profiter de l'instant présent. De le vivre avec le désir. L'envie. Je pense que pour aucun de nous deux le c½ur et la raison ont dirigé ces moments. Parce que c'était pas ça. Ca devait pas être de l'amour. De la folie je vous dis...
Il est parti comme il est revenu. Un éclair. Une seconde. Il n'avait pas besoin de plus. Sans barrages, sans pleurs pour le retenir. Il s'en est allé, du tas de cendre que nous formons à présent, sans que je l'emprisonne. Parce que, pendant ce temps-là, je voguais. En plein dans la chute. Mais. La chute d'une plume... Légère. Perdue. Libre. Qui vient se poser sur la terre après un merveilleux voyage avec des questions plein la tête, et quelques images.
De la douceur. Première sensation qui a surgi. Comme le calme après la tempête. Une tempête qui a duré presque 4 ans. Une bataille qui a tout brûlé sur son passage. A part un rêve. Celui-là s'est envolé. Après s'être réalisé. Et il n'y a pas plus grande joie que de vivre ce dont on a imaginé.
Un homme, ça peut-être détruit, mais pas vaincu.
Moi
05/05/08*